
Sorti le 3 septembre 1998 au Japon puis le 21 octobre 1998 en Amérique du Nord, ce jeu d'action-infiltration développé et édité par Konami sous la direction de Hideo Kojima marque le retour de la franchise Metal Gear sur PlayStation après les deux premiers opus sur MSX2. Initialement prévu pour la console 3DO Interactive Multiplayer en 1994, le développement a débuté en 1995 mais fut brièvement interrompu par le grand tremblement de terre de Hanshin qui endommagea gravement les studios de Konami. Le projet fut alors transféré sur PlayStation, bénéficiant des capacités 3D de la console tout en conservant une vue principalement aérienne héritée des jeux précédents.
L'intrigue se déroule en 2005 sur Shadow Moses, une île reculée de l'archipel Fox en Alaska abritant une installation secrète de démantèlement d'armes nucléaires. L'unité d'élite renégate FOXHOUND, composée de soldats génétiquement modifiés, prend le contrôle de la base et menace d'utiliser le Metal Gear REX, un mecha bipède capable de lancer des missiles nucléaires, contre le gouvernement américain. Les terroristes exigent la dépouille de Big Boss et une rançon d'un milliard de dollars sous 24 heures. Solid Snake, agent retraité, est rappelé par le colonel Roy Campbell pour infiltrer l'île et neutraliser la menace. L'atmosphère mêle espionnage militaire, complots gouvernementaux et réflexions philosophiques sur la guerre et la manipulation génétique.
Le gameplay repose sur l'infiltration tactique en vue aérienne avec changements de caméra contextuels, notamment en vue subjective lors de l'utilisation des jumelles ou d'un fusil de précision. Le joueur doit progresser sans être détecté en utilisant l'environnement : ramper sous les obstacles, se cacher dans des cartons, se plaquer contre les murs et créer des distractions sonores. Lorsqu'un ennemi repère Snake, le mode alerte se déclenche et attire les renforts ; le joueur doit alors se cacher jusqu'à ce que le compteur atteigne zéro et revienne au mode infiltration. Les longues cinématiques et la narration complexe ont valu au jeu d'être considéré autant comme un film interactif que comme un jeu vidéo. La durée de la campagne solo oscille entre 10 et 15 heures selon le style de jeu adopté.
Acclamé par la critique avec des scores agrégés de 93,75% sur GameRankings et 94/100 sur Metacritic, le jeu a remporté l'Excellence Award for Interactive Art au Japan Media Arts Festival 1998. Il s'est écoulé à plus de 6 millions d'exemplaires dans le monde et a dominé les classements de ventes au Royaume-Uni et au Japon. Le titre a généré 51,8 millions de dollars de revenus rien qu'en 1998 aux États-Unis. Time l'a classé parmi les 100 plus grands jeux vidéo de tous les temps en 2012, tandis que PC Magazine l'a placé au septième rang des jeux les plus influents, citant son impact sur des franchises comme Assassin's Creed et Splinter Cell. Le jeu a popularisé le genre infiltration et le concept de "jeu vidéo cinématographique", établissant de nouveaux standards narratifs pour l'industrie.
Le combat contre Psycho Mantis est célèbre pour son utilisation innovante de la manette : le boss lit les pensées du joueur en détectant ses mouvements, forçant à brancher la manette sur le port 2 de la PlayStation pour le vaincre. Le personnage peut également lire la carte mémoire et commenter les autres jeux Konami sauvegardés (Castlevania, Suikoden, Policenauts), une fonctionnalité qui valut au jeu un record Guinness pour "l'utilisation la plus innovante d'une manette de jeu vidéo".